Afrikamera : le festival des cinémas africains à Berlin fête ses 10 ans !

Comme nous le rappelons régulièrement dans nos pages cultures, il n’existe pas plus un cinéma arabe, africain ou asiatique qu’il n’existe un cinéma européen. La transversalité de cet art est tout autant marqué par ses différents genres, formats et technologies que par la diversité des visions du monde imprégnées par les cultures, langues, arrière-fond historique, social ou politique. Sans compter les contraintes de production et, dans les meilleurs des cas, in fine, la licence artistique personnelle des cinéastes et leurs équipes.

© Malik Berkati

Cette année, Afrikamera fait la part belle aux films de la région du Sahel, une des régions les plus belles mais également depuis plus d’une décennie une des plus complexe et dangereuse du monde. Les énormes défis sociaux et politiques de cette région commencent à être traiter par les réalisateurs des pays de la région qui, à travers des long et courts métrages de fiction ou documentaires ouvrent une fenêtre sur la vie quotidienne – représentation qui en occident relève plus de la fantasmagorie que de la réalité – qui, malgré les circonstances et difficultés inhérentes, ne se différencie pas de celle du reste du monde : trouver une voie de vie digne.

Le festival s’ouvrira sur l’excellent film de Douada Coulibaly Wùlu, film de gangster malien qui relate avec brio l’ascension d’un petit trafiquant dans le milieu criminel qui, comme partout, à partir d’un certain niveau se mêle au milieu politique et, comme dans certaines autres parties du monde, également au milieu militaro-policier. La performance de l’acteur principal Ibrahim Koma est remarquable ; il sera présent à l’ouverture du festival.

— Ibrahim Koma dans Wùlu de de Douada Coulibaly
Image courtoisie d’Afrikamera

Cette semaine sera également bonne occasion de s’initier au cinéma burkinabé avec un bloc de courts métrages Ouagadougou Shorts (14.11) et la projection de Wallay, film présenté à la dernière Berlinale dans la section Generation (section destinée aux films pour la jeunesse), en présence du réalisateur helvético-burkinabè Berni Goldblat (nous l’avions rencontré au festival de Namur où il nous avait parlé de son projet de réhabilitation d’une salle de cinéma – le projet Ciné Guimbi, N.D.R.) et de son jeune acteur principal Makan Nathan Diarra (18.11.).

Occasion également de (re)voir un classique du cinéma sénégalais, Ceddo d’Ousmane Sembène, tournée en 1977 mais qui n’a pas perdu de son actualité puisqu’il relate les conséquences au 20è siècle (qui se poursuivent allègrement au 21è!) de la christianisation et islamisation de l’Afrique de l’ouest au 17è siècle. (14.11.).

La diversité et qualité du programme empêche de tout énoncer, mais citons encore un projet tout à fait singulier qui permet de jeter un regard dans un pays totalement fermé depuis la chute et mort de son dirigeant Mouammar Kadhafi et la guerre civile qui s’en est suivi : Libya in Motion (17.11.) qui dans un même bloc se compose de très courts métrages tournés entre 2012 et 2015 à Tripoli et Benghazi par de jeunes étudiants en cinéma. Cet étrange format permet en 73 minutes d’avoir de brefs mais prégnants  aperçus de l’organisation de la vie dans un chaos quotidien. Deux des jeunes réalisateurs, Naziha Arebi et Muhannad Lamin,  seront présents pour une discussion après la projection.

Les films sont en version originale sous-titrée anglais, pour certains allemands.
En marge du festival, concerts et discussions.

Afrikamera, du 13 au 19 novembre 2017 au Kino Arsenal Berlin : http://www.afrikamera.de

Malik Berkati

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