
Remontons aux racines de cette Attitude. L'état d'esprit Core est déjà issu en Europe, de la glisse sur les vagues des côtes basques dans les années '60 et des sports dits de nouvelle génération, tels le roller ou le skateboard, apparus avec le développement de nouveaux moyens de déplacement dans les années '80. Mais le développement au début des années 90 des différentes disciplines du snowboard et l'explosion du freestyle a définitivement consacré le règne des Cores. Le freestyle, qui est avant tout un état d'esprit, est né en opposition aux schémas traditionnels des sports d'hiver, aux règles traditionnelles du planté de bâton du ski alpin et au confinement à l'intérieur des pistes balisées. Le ski a fini de nos jours par récupérer cet état d'esprit pour mieux s'associer aux phénomène de glisse : "Aujourd'hui, le public n'associe plus seulement le ski à la compétition, mais à la recherche du plaisir, la communion avec les éléments, le dépassement de soi... " déclarait Nathanel Fresnois, responsable du partenariat nouvelles glisses chez Dynastar, dans Le Monde daté du 25 octobre 05.

Le vent dans les cheveux et le taux d’adrénaline à la hausse, les Core dévalent les rues des villes ou les pistes des stations et surfent sur les sommets des vagues de l'océan. En quête de sensations fortes, ils prônent la liberté et l’épanouissement par le sport. Mais pas n’importe quel sport : les Core adhèrent à l’esprit glisse. Le sport, ça doit être fun, synonyme de plaisir et de convivialité. Pas question de s’entraîner péniblement pour le prochain marathon ou de s’acharner à soulever des poids dans une salle de fitness. Peu concernés par les prises de tête politiques et mystiques, les Core privilégient l’amusement et la satisfaction tirée des progrès réalisés sur leur planche. Etre hybride, issu du croisement entre le sportif confirmé, le joyeux fêtard et le cascadeur téméraire, l’adepte de la glisse est avant tout cool. Au niveau du look, il fuit la complication et la sophistication et recherche le confort dans ses vêtements. Le ton est donné : les Core ne sont pas des fashion victims. S’ils apprécient les marques de surf ou de snowboard, c’est avant tout pour leur design spécialement conçu pour la pratique des sports de glisse. Hip-hop, reggae, techno, métal ou pop, les Core sont éclectiques dans leurs choix musicaux. Dans ce domaine, comme dans les autres, le sectarisme n’est pas de mise.
Hédonistes et pacifistes, les Core apprécient les rapports humains, mais demeurent fondamentalement individualistes. La participation à un groupe découle de la pratique commune de la glisse, source de motivation et d’inspiration, mais pas une fin en soi.
D’une manière générale exprimée dans un sens plus large, paradoxalement, aujourd'hui les adeptes de l’attitude Core ont de moins en moins un état d'esprit formé par les pures riders et de plus en plus une mentalité forgée par les grandes marques de l'industrie de la glisse qui défendent le style vestimentaire de la prochaine saison à coup de clips de snowboard.
Nous avons rencontré un jeune vaudois, Manu 17 ans, assez proche des valeurs affichées par les Cores, passionné plus par le skate que le snow. Pour lui, le look varie en fonction des activités, mais revêt aussi une importance et une utilité.
- As-tu un look préféré, est-il le reflet de toi ?J'en ai plusieurs, c'est ça le problème. Ça dépend. Niveau skate, le style c'est important.
Ceux qui cherchent un sponsor, il faut qu'ils regardent aussi leur look. Pour mon look, mes marques préférées sont Mada, DC, DJK, Nike etc.
- Pratiques-tu tes activités seul ou en groupe ?Souvent en groupe. On fait du skate. Y a des jours, on a des contests.
- As-tu une philosophie de vie ?Ouais. Ce que je voudrais, c'est faire que du skate.
Mais comme toute personne, on est obligé d'avoir un boulot.
Pour moi, le skate c'est un sport. Ça me fait du bien. J'me défoule. Si j'ai pas ça dans la semaine, je pète un plomb.
- Comment vois-tu ton avenir ?Faire comme les vrais pro-skaters. Dans les X-Games, et tout ça.
- Et au niveau du métier ?J'en ai déjà un : nettoyeur en bâtiment, mais j'aimerais changer. J'aimerais faire peintre en bâtiment.
- Es-tu engagé dans une cause ?Non.
- Tes valeurs ?Les filles.