
Quatre filles, 1939, ©Shoji Ueda Office, Tokyo, Japon

Hiver, c.1935, ©Shoji Ueda Office M. Yamakawa, 1984, ©Shoji Ueda Office
Le Musée de l’Elysée à Lausanne présente, jusqu’au 28 janvier prochain, une rétrospective du photographe japonais Shoji Ueda. Ni portrait, ni reportage, il regarde à sa manière le paysage.
Pictorialiste ou avant-gardiste, Shoji Ueda nous captive d’abord par la pureté de ses images : des sujets simples et dénudés, un cadrage sobre dans un traitement très esthétisé du noir et blanc. C’est de cette candeur qu’apparaît ensuite toute la complexité de la construction de sa photographie. Il compose avec des « objets humains » pour mieux nous faire voyager dans son théâtre des dunes. Là même où l’objet est nu, il nous raconte ce qui pourrait être. La façade de la maison d’Hiver est, outre un double recadrage de l’image, un objet du décor de son théâtre imaginaire.
Univers de contes
Le titre de l’exposition n’est pas anodin ; une ligne subtile, l’accident dans le paysage qui fait d’une image le photogramme d’un film de fiction. Esthétique du cinéma d’auteur japonais où l’homme est une partie du paysage et de l’entité de l’histoire. La photographie du couple dans la pirogue a quelque chose de bucolique ; ils sont pourtant enfermés par une étroite digue, entourés de spectateurs. Le portrait de M. Sohji Yamakawa est encore plus captivant. Une rencontre avec une foule d’ombre, notre image de visiteur. Il n’y a aucune trace de pas dans le sable ; est-ce que M. Yamakawa serait arrivé en tapis volant ?
Une pose contemporaine
Le photographe restera toute sa vie attaché à sa région d’origine. En 1939, il fait poser quatre filles sur le sable des dunes de Tottori. Il ne cessera dès lors de placer minutieusement ses sujets, passionné par l’espace qui est « sa scène ». Il travaille la perspective de son environnement minimal et onirique.
Mais Shoji Ueda est certainement aussi l’un des précurseurs de notre imagerie contemporaine. Les quatre filles en cinémascope a une esthétique propre à la mode et à la publicité actuelle. Une image limpide et frontale, mais dans une douceur poétique.
Une ligne subtile
Shoji Ueda 1913 - 2000
Jusqu’au 28 janvier 2007
Musée de l’Elysée,
18, avenue de l’Elysée,
1014 Lausanne
Lundi - dimanche de 11h à 18h
Fermé le lundi dès le 01.01.07
Entrée gratuite le premier samedi du mois.
www.elysee.ch