Battre la campagne / A Campaign of Their Own

Le titre donné par le réalisateur Lionel Rupp (membre du collectif d’artistes Zooscope) à son documentaire, présenté en compétition à la dernière édition des Visions du Réel, mériterait à lui seul toute une digression sur le sens des titres et des différences qu’ils peuvent présenter selon la culture de la langue véhiculée. Le film est suisse, l’histoire est étasunienne et le titre original en anglais.
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Etats-Unis, 2016 : la campagne électorale des primaires bat son plein. En ce qui concerne la désignation pour le camp démocrate, tout le monde – ainsi que le monde entier – est persuadé qu’Hillary Clinton va l’emporter haut la main. Mais un homme venu de sa gauche lui tient la dragée haute, le sénateur du Vermont Bernie Sanders, qui peut compter sur une organisation de volontaires dévoués mais aussi remplis d’attentes envers leur candidat.
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FIFF 2017 : Carré 35, d’Eric Caravaca ou l’autopsie documentée qui mêle la grande histoire à l’histoire familiale et ses non-dits

Après avoir remporté le César du meilleur espoir masculin en 2012 avec C’est quoi la vie ?, en passant derrière la caméra en 2006 avec le film Le passager, l’acteur français d’origine espagnole, Eric Caravaca signe sa deuxième réalisation, Carré 35, documentaire présenté en séance spéciale au Festival de Cannes et qui fait partie de la programmation de la compétition officielle de la 32ème édition du FIFF de Namur. Le samedi 1er octobre, l’acteur Éric Caravaca est venu en tant que réalisateur parler au public à l’issue de la projection de son film au Cameo.
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FIFF 2017 : La place de l’homme, de Coline Grando, brise un tabou sociétal

En collaboration avec la SCAM, le Festival programme tous les jours à 18h30 des documentaires belges, format long métrage, une belle fenêtre ouverte sur ce genre que l’on voit très peu, voire trop peu sur grand écran. Les films proposés cette année sont: Boli Bana de Simon Gillard; Les Éternels de Pierre-Yves Vandeweerd; La place de l’homme de Coline Grando; Rester Vivants de Pauline Beugnies; Rien n’est pardonné de Vincent Coen et Guillaume Vandenberghe; Ya me voy de Sebastien de Buyl; Les deux visages d’une femme Bamiléké de Rosine Mbakam; Celui qui saura qui je suis de Sarah Moon Howe.
Samedi 30 septembre en fin d’après-midi, dans une perte salle du Cinéma Caméo, on projette le film de Coline Grando, La place de l’homme, qui présente le témoignage épuré, face caméra, d’un panel d’hommes de vingt à quarante ans confrontés à une grossesse non prévue, par conséquent non désirée, et le plus souvent interrompue.

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Mostra 2017 : Ex Libris: New York Public Library, visite guidée par Frederick Wiseman

Le dernier né de Frederick Wiseman, Ex Libris: New York Public Library se distingue comme un exemple définitif de témoignage tant du style et de la mission de Frederick Wiseman.

Ex Libris , documentaire de 197 minutes consacré à la bibliothèque publique de New York est une fresque dédiée à l’une des institutions culturelles les plus célèbres au monde, un lieu de connaissance et d’apprentissage avec ses nonante-deux succursales situées à Manhattan , une ressource réelle pour tous les habitants de la Grande Pomme, une ville multiforme et cosmopolite. La New York Library est synonyme de la confiance américaine profonde dans le droit individuel à la connaissance et à l’information. C’est l’une des institutions les plus démocratiques d’Amérique où tout le monde est le bienvenu.
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Mostra 2017: Human Flow – Ai Weiwei au service de la cause de 65 millions de personnes déplacées dans le monde

Le travail documentaire d’Ai Weiwei, la pièce géante qu’il avait promise et annoncée, vient d’être présentée à la 74ème Mostra de Venise : Human Flow, un documentaire sur les migrations à travers la planète aujourd’hui. En partant de l’hypothèse que 65 millions de personnes sont cataloguées comme des migrants (pour une raison ou une autre), l’artiste chinois essaie de rendre compte de la masse et de la quantité de ce peuple qui n’est pas considéré tel. En visitant plus de vingt-cinq pays, Ai Weiwei et sa troupe (il y a au moins onze réalisateurs de cinéma, y ​​compris Christopher Doyle) parcourent des camps de réfugiés, des bateaux à la dérive ou abandonnés en pleine mer avec des gens à bord, des gens, des masses de gilets de sauvetage empiles dans le Sud de l’Italie, synonyme des naufrages morts en Méditerranée, des murs en guise de frontières, des bardeaux et de nouveaux camps avec une utilisation intensive du drone pour essayer de comprendre l’immensité de cette tragédie humaine à l’échelle mondiale, les tentes, les organisations à but non lucratif, et quelques interviews de personnes qui apportent de l’aide. A travers la lunette de lecture d’un artiste de classe mondiale qui a grandi enchaîné, en marge de tout, exilé et harcelé en tant que prisonnier politique avec sa famille dissidente.
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Ta peau si lisse, documentaire de Denis Côté

Ta peu si lisse, de Denis Côté, coproduction entre le Canada, la France et la Suisse, a été présentée ce jeudi 2 août au 70ème Festival du film à Locarno en compétition internationale. Ce documentaire sur le bodybuilding questionne sur la suprématie de l’image de soi, de la représentation du corps dans notre société et souligne notre rapport au corps, mis en valeur à travers les réseaux sociaux telle une carte de visite. D’ailleurs, lors de la conférence de presse, Denis Côté a indiqué : “ Je me suis intéressé à la problématique du culturisme. Je souhaitais comprendre ce qui amènent des personnes à suivre une telle discipline, une diète astreignante, à prendre des produits et à s’exercer déjà tôt le matin pour développer ainsi leur musculature. Avant de les rencontrer, je suis allé scruter leur page Facebook et j’ai vu toutes photographies qu’ils postaient.”
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Le documentaire sur le parti néonazi grec Aube dorée à voir enfin en Suisse !

Après une année de tournée en Grèce, France, Allemagne et Espagne, Angélique Kourounis va enfin pouvoir présenter son documentaire absolument édifiant sur le parti néonazi grec Aube dorée. Bien que le film soit passé dans de nombreux festivals (Thessalonique, Lyon, Marseille, festivals grecs de Londres et Berlin [nous en avons parlé ici], etc.) et reçu des prix, il est regrettable – et difficilement compréhensible – qu’aucun des nombreux festivals de Suisse ne l’ait programmé. Pour l’instant, il n’y a que quatre dates de prévues, mais le film circule très bien dans les réseaux associatifs. Pour connaître les conditions de diffusion : https://goldendawnapersonalaffair.com . De plus, le film est mis à disposition des écoles gratuitement, il serait dommage de s’en priver.
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Berlinale 2017 – compétition jour #6: L’autre côté de l’espoir (Toivon tuolla puolen) / Beuys

Et ce qu’on redoutait hier est advenu. La bonne nouvelle, c’est que cela prouve que cette 67 édition du plus grand festival public – la Berlinale a annoncé aujourd’hui qu’à date environ 250’000 tickets ont été vendu – est un bon cru. Oui, Sally Potter a définitivement un concurrent très sérieux en Aki Kaurismäki, ceci d’autant plus qu’ils opèrent dans le même registre de la comédie d’éveil et de conscientisation.
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Berlinale 2017 Panorama : Ghost Hunting (Istiyad Ashbah)

[Edité le 19 février 2017: Ghost Hunting (Istiyad Ashbah) a remporté le Prix du documentaire, toutes sections confondues]

Dans la veine très prisée en ce moment du re-enactment, le documentaire du réalisateur palestinien Raed Andoni nous fait entrer dans la reconstruction mentale du plus grand centre d’interrogatoire israélien, la prison Al-Moskobiya située à Jérusalem.

Ghost Hunting (Istiyad Ashbah)

À l’âge de 18 ans, Raed Andoni a été emprisonné dans ce centre et subit les interrogatoires. Depuis, les fantômes de cette période hante le documentariste qui a décidé de les faire sortir du placard.
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Berlinale 2017 – Panorama : Belinda

Depuis plusieurs années, Marie Dumora utilise sa caméra pour filmer le quotidien des sans voix de nos sociétés où la parole des « bien-parlants » et des « bien-présentant » est prépondérante. La documentariste a fait de l’Alsace son champ cinématographique dont elle rend avec sensibilité et intelligence l’universalité. Le cadre de ses films est tendu sur leurs personnages dont elle parvient avec un rare talent à dévoiler l’intime complexité par petites touches, sans les contraindre. Les images de ces gens modestes n’ont rien de militant, et pourtant, le regard que nous posons sur eux par le prisme de la caméra renvoie à la question des préjugés, de la méconnaissance – souvent volontaire qui ressemble plutôt à l’acte de ne simplement pas vouloir voir et regarder, du rapport à l’altérité. Cette étrange obsession qui hante ce monde à refuser l’humanité comme un tout, à la fois indivisible et composée au singulier.
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