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Auteur : Malik Berkati

Cinéma / KinoCulture / Kultur

Sélection de films de l’année 2025 par quatre de nos critiques de cinéma – Filmauswahl des Jahres 2025 von vier unserer Filmkritiker*innen – Film selection of the year 2025 by four of our film critics

Si j:mag propose de nombreuses rubriques, nos fidèles lectrices et lecteurs auront sans doute remarqué que le cinéma y occupe une place privilégiée. Nous avons demandé à trois de nos critiques de cinéma, ainsi qu’à notre rédacteur en chef, de partager leurs films préférés de l’année écoulée. Voici la sélection de Malik Berkati. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Kokuho – Le Maître du Kabuki : la grâce au prix de soi

Nagasaki, 1964. Un jeune garçon, Kikuo, voit son père, chef yakuza, tomber sous les balles de rivaux. Sous protection, il est recueilli par Hanjiro, monstre sacré du kabuki. Commence alors une odyssée de plus de cinquante ans, où l’art se mêle au sang, la tradition à la trahison, et la quête de perfection à la chute. Kokuho – Le Maître du Kabuki, de Lee Sang-il, est une fresque envoûtante, une plongée dans les coulisses d’un théâtre aussi codifié que cruel, où le talent ne suffit pas : il faut naître dans la bonne lignée, ou être prêt à tout sacrifier. Un succès colossal au Japon, avec plus de 12 millions de spectateurs et spectatrices, le film confirme que le kabuki, souvent perçu comme un art élitiste, reste profondément ancré dans l’inconscient collectif nippon. (…)

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Edito

Disparition – Firouz Elisabeth Pillet (1968-2025) : Une voix singulière du journalisme culturel romand s’est éteinte

C’est avec une profonde tristesse que la rédaction de j:mag annonce le décès de notre collaboratrice et amie, Firouz Elisabeth Pillet, survenu le 12 décembre 2025 aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Elle était âgée de 57 ans.
Un pilier de la rédaction et une journaliste aux talents multiples
Journaliste érudite et passionnée, Firouz Pillet était un pilier de notre rédaction depuis dix ans. Elle s’était fait connaître pour ses critiques de cinéma, de théâtre et de littérature, toujours marquées par un goût affirmé pour les œuvres fortes, riches de sens social et politique. Animée par un profond sens de la justice et des principes de civilité, elle transposait ces valeurs dans ses analyses, cherchant toujours à éclairer les rapports humains et les enjeux de société. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Les Voyages de Tereza (O Último Azul) de Gabriel Mascaro – Le coming-of-age des aîné·es : renaissance à 77 ans. Rencontre

Les Voyages de Tereza (O Último Azul), lauréat de l’Ours d’argent – Grand Prix du jury à la Berlinale 2025, est un film singulier, à la fois poétique et traversé par une ironie sociale mordante. Tereza (Denise Weinberg), 77 ans, vit et travaille dans une ville industrielle d’Amazonie. Un jour, elle reçoit une injonction gouvernementale l’obligeant à intégrer une maison de retraite. Officiellement destinée à « soulager » les jeunes de la gestion des aîné·es, cette mesure vise en réalité à accroître leur productivité en les affranchissant de toute charge familiale. Refusant d’être reléguée dans une colonie de fin de vie, Tereza se lance alors dans une odyssée à travers la jungle pour réaliser un rêve de jeunesse : voler en avion. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Mother de Teona Strugar Mitevska – Une Mère Teresa de chair et d’ombre

Loin de toute hagiographie consacrée à une future sainte, la réalisatrice macédonienne Teona Strugar Mitevska met en scène, dans Mother, une semaine décisive de la vie de Mère Teresa : celle qui précède son départ du couvent de la congrégation des Sœurs de Lorette pour fonder sa propre communauté, les Missionnaires de la Charité.
Déjà avec son petit bijou de 2019, Dieu existe, son nom est Petrunya, Teona Strugar Mitevska abordait la question religieuse avec un regard résolument iconoclaste, à travers le parcours d’une jeune femme qui se heurte aux traditions patriarcales de l’Église orthodoxe et des institutions  étatiques. Au ton mordant et ironique de Petrunya se substitue ici une atmosphère de drame conventuel, portée par une bande-son punk rock. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Les Enfants vont bien de Nathan Ambrosioni –  Une fresque intime où l’absence dialogue avec la vie. Rencontre

Après de nombreuses années sans s’être vu·es, Suzanne, veuve, et ses deux enfants, Gaspard et Margaux, apparaissent de manière inattendue à la porte de sa sœur Jeanne. Au premier abord, il semble que Suzanne cherche à renouer le lien familial. Mais cette illusion se dissipe brutalement à l’aube : elle a disparu, laissant à Jeanne un simple mot par lequel elle lui confie ses enfants.
Nathan Ambrosioni, jeune cinéaste de 26 ans qui signe ici son cinquième (!) long métrage, retrouve Camille Cottin après Toni en famille (2023) dans le rôle de Jeanne, une femme figée dans son existence après une rupture dévastatrice avec l’amour de sa vie, Nicole (Monia Chokri), et soudain confrontée à la responsabilité d’enfants qu’elle connaît à peine. (…)

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Culture / KulturExposition / AusstellungForum citoyen / Bürgerforum

Exposition à Genève : « Je suis Palestinienne » – Broder la mémoire, tisser la résistance. Rencontre avec Nur Dasoki

Diplômée d’un master de la HEAD – Genève en Pratiques artistiques socialement engagées, avec les félicitations du jury, Nur Dasoki anime aujourd’hui des ateliers de broderie palestinienne destinés à des publics de cultures et d’âges variés, cherchant à transmettre et à faire évoluer cet art ancestral dans une perspective résolument contemporaine.
Cette Tessinoise d’origine libanaise par sa mère et palestinienne par son père – né à Ramleh, rescapé de la Nakba de 1948, réfugié à Gaza avant de grandir dans le camp de Zarka en Jordanie, où il a reçu une éducation prodiguée par l’UNRWA, un parcours qui rappelle douloureusement celui que dépeint la cinéaste Cherien Dabis dans All That’s Left of You, actuellement encore à l’affiche en Suisse romande – renoue littéralement avec ses origines à travers un cheminement d’artiste multimédia marqué par une réappropriation culturelle entamée en 2020 lors d’un voyage au Liban dans plusieurs camps de réfugié•es palestinien•nes. (…)

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Cinéma / KinoCulture / KulturProjets jeunes / Jugendprojekte

Festival Cinéma Jeune Public Lausanne–Pully (26–30 novembre 2025) – Éveiller les regards, élargir les horizons

À l’heure où la fréquentation des salles peine encore à retrouver son niveau d’avant la pandémie, à l’heure où l’éducation à l’image devient d’autant plus urgente que les IA génératives se perfectionnent et brouillent toujours davantage notre rapport au réel, à l’heure où l’omniprésence des plateformes standardise les usages et uniformise les imaginaires, les festivals destinés aux jeunes spectateur·trices s’avèrent plus essentiels que jamais. Leur offrir des œuvres exigeantes à découvrir sur grand écran, leur permettre d’entrevoir les coulisses de la création et d’en saisir les mécanismes, élargir leur horizon à des thématiques que l’algorithme ne leur soufflera pas : autant d’occasions d’allier culture, apprentissage ludique, échanges et rencontres. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

On vous croit de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys – Quand le cinéma devient témoin. Rencontre

Avec On vous croit, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys revisitent le film de tribunal. Loin des effets de manche propres au genre, les cinéastes privilégient une mise en scène d’une sobriété et d’une précision quasi chirurgicale. Porté par un jeu tout en intériorité, le film plonge les spectateur·ices dans un état d’oppression émotionnelle qui fait écho à celui des protagonistes — une véritable mécanique humaniste.
Si cela ne tenait qu’à la volonté d’Alice (Myriem Akheddiou), elle n’assisterait pas à l’audience que son ex-mari (Laurent Capelluto) lui impose pour contester la garde de leurs enfants. Malgré une enquête ouverte contre lui depuis deux ans ( !) — et le refus clair de l’adolescente Lila (Adèle Pinckears) et du petit Étienne (Ulysse Goffin), dix ans, de le revoir —, la procédure a lieu, car, comme le rappelle l’avocate d’Alice, « les différentes instances ne se parlent pas entre elles ». Aucun échappatoire n’est possible : le père est déterminé à retrouver un droit de visite. Alice se rend donc au tribunal familial, envahie par le stress et l’angoisse, tandis qu’Étienne, terrorisé à l’idée de croiser son père, se rebiffe avec une violence instinctive. (…)

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Cinéma / KinoCulture / Kultur

Des preuves d’amour d’Alice Douard – Entre filiation et reconnaissance, un premier long-métrage lumineux. Rencontre

Écran rouge. En lettres blanches apparaissent les résultats d’un vote de l’Assemblée nationale française : l’adoption de la loi du 17 mai 2013, qui ouvre le mariage civil aux couples de même sexe. Plus de 136 heures et 40 minutes de débats auront été nécessaires, témoignant de l’intensité des échanges et des résistances suscitées par un texte marquant un tournant sociétal en France. Pour son premier long-métrage, Alice Douard capte d’emblée notre attention : cette image rouge crée de la tension et nous fait rentrer immédiatement dans le vif du sujet. (…)

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